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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 22:22
Bebe.jpg Le choix d'un prénom est un acte symbolique fort. Il marque et « flèche » un enfant pour la vie. « Nomen, omen » disaient les Anciens : un prénom, c'est un présage. Un prénom cela oriente pour la vie car cela attribue de manière allégorique des qualités. Cela donne aussi à l'enfant le modèle d'un type humain particulier à imiter. Enfin un prénom cela renvoi à un passé, à une lignée. C'est aussi un élément d'identification ethnique, culturelle, religieuse. Que Rachida Dati, garde des Sceaux et de l'état civil, appelle sa fille Zohra est un acte fort. Que Jean Sarkozy, fils du président de la République, affichant d'importantes ambitions politiques, appelle son fils Solal est encore plus lourd de signification. C'est la preuve que la déconstruction du modèle assimilationniste français est encouragée au plus niveau. L'héritage ethno-religieux juif ou arabe étant jugé plus important que le sentiment d'appartenance à la France.


Le modèle assimilationniste français était simple : les minorités s'efforçaient de se rapprocher de la majorité et devaient coûte que coûte y parvenir. Jusque dans les années 1980, beaucoup de Mohamed se faisaient appeler « Momo », diminutif populaire de Maurice. Le Hongrois Pal Sarkozy et la grecque de Salonique Andrée Mellah appelèrent leur fils Nicolas. Et Nicolas Sarkozy qui aime à rappeler qu'il est « de sang mêlé » nomma ses fils Pierre, Jean et Louis ; difficile de faire davantage allégeance à la francité.


Longtemps la République jacobine interdit, lors des déclarations de naissance, les prénoms étrangers, allant jusqu'à s'opposer dans les années 1950 à des prénoms celtes en Bretagne (affaire Le Goarnic). Dans le même esprit, la loi de 1972, reprise de textes antérieurs, ouvrait largement la possibilité aux « naturalisés » de « franciser » leur nom ou leur prénom. Possibilité très largement utilisée jusqu'au milieu des années 1980.

Les temps ont profondément changé. Mohamed, Rayan ou Sabrina sont devenus des prénoms très cotés. Tout comme Aaron ou Ilan. Et les tribunaux sont submergés de demandes de changement de prénom mais cette fois pour... les « défranciser ».

Par AR. blog - Publié dans : ACTUALITE - Recommander
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