Mettez-nous en lien
(150x50)

 
Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /2009 13:47

L’un est un continent d’une surface de 14 millions de kilomètres carrés (soit 26 fois la France), émergeant, réparti en concessions apolitiques, voué à la recherche scientifique. Il est réglementé par le traité de Washington de 1959 et le protocole de Madrid de 1991 qui le définissent comme une réserve naturelle dédiée à la paix et à la science, excluant toute activité minière ou militaire.


L’autre, totalement immergé, couvre à peu près la même surface mais n’est régi par aucun statut et fait l’objet, à l’heure actuelle, d’âpres discussions entre les pays limitrophes que sont le Canada (territoire du Nunavut), les États-Unis (Alaska), la Russie (Sibérie), la Norvège (Spitzberg), le Danemark (Groënland) et l’Islande. L’Arctique recèle environ 25% des réserves mondiales de pétrole et de gaz et chacun des pays précités tient à profiter de l’aubaine.

Indépendamment des ressources minières, le réchauffement de la planète y est particulièrement sensible et malheureusement irréversible. Il faut savoir que le processus de fonte de glaces millénaires qui s’élève approximativement à 200 kilomètres cubes par an libère dans l’espace du méthane en quantités considérables, lequel est vingt fois plus toxique que le dioxyde de carbone. En automne 2008 la température relevée est cinq degrés Celsius plus importante que la normale, ce qui précipite la fonte de la banquise et laisse augurer une hausse d’un mètre du niveau des mers à l’horizon 2100…. La surface de glace qui réverbérait les rayons du soleil et maintenait de ce fait une température très basse diminue de plus de 700000 kilomètres carrés par an, soit la superficie de la Turquie. A cette allure, la totalité des glaces de l’Arctique aura disparu dans une dizaine d’années et la réverbération sera diminuée de 50% ce qui, ajouté aux émanations de méthane, ne pourra en aucun cas améliorer la situation.

Par ailleurs, les navires pourront emprunter la voie du nord-ouest, libre de glaces, qui longe les côtes canadiennes et rejoint le détroit de Behring. Ceci permettra de relier les océans atlantique et pacifique sans passer par le canal de Panama qui est aujourd’hui incontournable. Au préalable, avant d’en tirer quelque profit que ce soit, il faudra régler différents contentieux notamment pour l’île Hans située dans le détroit de Nares revendiquée par le Canada et le Groënland, la frontière maritime entre le Canada (Yukon) et les États-Unis (Alaska). Il ne faut pas oublier que le Canada considère le passage Nord-Ouest comme partie intégrante de son territoire, ce qui permettrait la perception de différents droits, alors que la plupart des nations considèrent qu’il s’agit d’un passage international.

Actuellement les eaux territoriales d’un pays se prolongent jusqu’à douze milles nautiques (1 mille = 1852 mètres). Cependant a été créée en 1982 par la ‘’Convention des États-Unis sur le Droit de la mer’’ une zone économique exclusive (Z.E.E.) s’étendant à 200 milles des côtes qui confère aux états le monopole des activités économiques et la libre exploitation du sous-sol. Cette zone peut avoir une extension allant jusqu’à 350 milles dans le cadre d’une prolongation du plateau continental dont la véracité doit être démontrée par la similitude géologique des fonds marins et celle des terres émergées. C’est ce qu’ont prouvé les russes en analysant des échantillons de la chaîne sous-marine dorsale Lomonossov qui se sont avérés identiques à ceux de la terre ferme. En 2007, un sous-marin russe a plongé sous le pôle Nord et est parvenu à planter un drapeau national en titane à une profondeur de 4000 mètres.

Il faut rappeler que les États-Unis (avec Israël et la Turquie d’ailleurs) ont refusé de signer la ‘’Convention Internationale des Droits de la Mer’’ octroyant l’extension de leur Z.E.E. à 350 milles. Ceci laisse donc présager l’exploitation des ressources sous-marines par la Russie et les pays limitrophes en toute légalité, ce qui n’est pas le cas des États-Unis qui, sauf coup de force comme en Irak, verront le gâteau leur passer sous le nez. Ce pourrait être le début d’une nouvelle guerre froide dans laquelle l’Europe, encore une fois, jouera les spectateurs afin de ne pas froisser les susceptibilités des protagonistes. 

N.B. : La Z.E.E. de la France avec 11.035.000 km2 vient en seconde position mondiale derrière les États-Unis qui possèdent 11.350.000 km2.

Une grande réforme se prépare pour mai 2009 où de nombreux états signataires de la ‘’Convention Internationale sur le Droit de la Mer’’ doivent déposer des dossiers auprès de la ‘’Commission des limites du plateau continental des Nations Unies’’ pour étendre leur Z.E.E. A cet effet la France revendique 1 million de km2 entre le golfe de Gascogne, le plateau guyanais, la Nouvelle Calédonie et la zone Arctique (Iles Kerguelen, Amsterdam, Crozet).

 

 

Par Philippe CLERGEAULT - Publié dans : ACTUALITE - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés